Patrick Fontaine, comment concilier une carrière d’auteur et illustrateur ?

Dolce Group : Bonjour, Patrick, vous avez plusieurs casquettes, dans le domaine de l’édition, vous êtes à la fois, auteur et illustrateur. Pouvez-vous vous présenter pour toutes les personnes qui ne vous connaissent pas ?

Patrick Fontaine : Bonjour, je m’appelle Patrick (quelle surprise), je viens de la Réunion, mais je vis en région parisienne depuis bientôt 20 ans. Je suis un artiste touche-à-tout qui a trouvé son principal plaisir dans l’illustration, le graphisme et l’écriture. Je travaille en tant qu’indépendant auprès des maisons d’édition et des auteurs, dans le milieu du roman, mais aussi du jeu de société/livre-jeu/jeu de rôle. Récemment, j’ai publié en autoédition mon premier roman Lovely XYX qui est une comédie romantique fantastique et j’ai quelques projets de fantasy en cours.

DG : Qu’est-ce qui vous a donné envie d’illustrer la couverture du roman Grimoire de Loïc Berthet qui est sorti en librairie le 10 avril ?

PF : En réalité, c’est Dolce qui est venu vers moi pour me proposer cette commande. J’ai accepté très rapidement, car j’adore le fantastique et la fantasy. Quand Loïc m’a présenté son récit, les idées ont émergé naturellement et l’on est arrivé très rapidement à quelque chose qui plaisait à la fois à l’auteur, à l’éditeur et à moi-même.

DG : Votre expérience d’auteur vous aide-t-elle dans votre travail d’illustrateur pour répondre au mieux aux attentes de vos collègues auteur(e)s qui vous sollicitent pour la réalisation de leurs illustrations ? Voire comme nous des maisons d’édition ?

PF : Probablement… J’essaye à chaque fois de raconter une histoire sans trop en dévoiler quand je fais une illustration. Mon intention est de faire cogiter les gens, d’attiser leur imagination pour les transporter dans un univers… Je pense que c’est quelque chose qui marche très bien pour une couverture de roman où l’on veut inviter le lecteur à lire la quatrième de couverture. Je ne saurais dire si cette façon d’illustrer vient du fait que j’écrive moi-même ou si c’est quelque chose que je faisais avant d’écrire des histoires.

Pour être franc, je crois que c’est mon expérience d’illustrateur qui m’aide surtout dans mon travail d’écriture. Les années de dessin m’ont appris à être observateur, à déceler des détails que personne ne remarque et à être très critique sur mon travail.

DG : Comment choisissez-vous les projets sur lesquels vous souhaitez collaborer ?

PF : Oh c’est très simple, il faut que le sujet me plaise (dès que ça touche à l’imaginaire généralement) et que le contact avec le client se passe bien. Ce dernier point est indispensable pour une collaboration surtout si c’est un long projet.

DG : Y avait-il une certaine pression par le fait de réaliser la couverture du premier livre d’une collection ?

PF : Pas du tout ! J’ai une longue expérience de graphiste dans des agences et des sociétés avec beaucoup de responsabilités, je commence à engranger pas mal d’années en indépendant également… bref la pression, je connais bien. Non en réalité, je suis très honoré que Dolce m’ait confié un tel projet.

DG : Comment avez-vous travaillé ? Combien de temps avez-vous mis pour la réalisation de cette illustration ? Quelle technique avez-vous utilisée ? Est-ce une, ou des techniques que vous utilisez souvent ?

PF : À chaque commande, je prends le temps de bien comprendre la demande de mon client et de le connaître. Comme je l’ai dit plus tôt, il faut qu’une confiance s’établisse entre nous. En effet, la plupart du temps mon client n’a pas vraiment d’idées, il compte sur moi pour lui faire des propositions. Il arrive même qu’il ait de mauvaises idées… ce qui est normal, il n’a pas forcément l’œil d’un graphiste/illustrateur. À moi de le convaincre sur mon expertise. De mon côté, je dois aussi me fier à lui, car c’est lui qui connaît mieux le produit.

Ensuite, je lui propose quelques croquis rapides en noir et blanc pour voir si l’on est bien sur la même longueur d’onde. À partir de là, on peut être amené à rediscuter de la direction à prendre. Une fois qu’on s’est entendu, j’affine la proposition choisie.

Et là, en fonction de mon commanditaire, il y a un ping-pong d’aperçus, d’idées, de conseils qui se fait entre lui et moi. Il arrive même que je dessine en direct avec le client (via des logiciels de messagerie vidéo) pour certains détails.

Petit à petit, l’illustration se fait jusqu’à ce que tout le monde soit satisfait. Dans le cadre de la couverture de Grimoire, Dolce m’a donné beaucoup de libertés. J’ai échangé avec Loïc sur le physique des personnages présents, mais lui-même est resté volontairement flou. Je crois que lui-même était curieux de voir naître ses protagonistes en illustration. Ça fait partie du processus de la collaboration créative, j’accompagne les auteurs et je leur propose mon univers aux leurs. C’est un échange enrichissant.

La couverture de Grimoire m’a pris trois jours de travail si je ne me trompe pas. Du moins, trois jours de réalisation, car en amont je ne compte pas les contacts avec Dolce et les recherches.

DG : Quelle technique avez-vous utilisée ? Est-ce une, ou des techniques que vous utilisez souvent ?

PF : Je travaille essentiellement sur mon ordinateur en digital painting avec des logiciels et une tablette graphique. Pour les plus curieux/connaisseurs, je travaille avec une tablette XP Pen sur le logiciel Krita.

L’avantage du digital étant principalement la souplesse que ça apporte dans mon travail. C’est une qualité indispensable pour répondre rapidement aux attentes de mes clients.

DG : Quelle est votre technique favorite ?

PF : Même si j’aime beaucoup faire des illustrations à la plume et encre de Chine, je pense que le digital reste mon médium préféré pour sa rapidité et sa versatilité.

DG : Quelle technique préférez-vous faire en matière l’illustration de couverture ?

PF: J’aime beaucoup de styles (et donc de techniques) et je n’arrive pas à me fixer sur un seul moi-même. J’alterne entre le réalisme, le cartoon/manga, etc. C’est comme la lecture, je ne me contente pas d’un genre, alors pourquoi se priver d’un style ? 😉

DG : Quel style d’ouvrage préférez-vous illustrer ?

PF : Surtout les œuvres qui font appel à l’imaginaire, car c’est mon moteur, principalement le fantastique et la fantasy. Ceci dit, je suis quelqu’un de curieux et j’aime essayer de nouvelles choses, j’ai notamment illustré de la SF alors que j’en lis très rarement. Qui sait ce que l’avenir me réserve ?

DG : Que gardez-vous en mémoire de cette expérience avec Dolce Éditions ?

PF : Le retour de Loïc quand il a vu l’illustration terminée. C’est un vrai plaisir de voir son commanditaire satisfait par mon travail.

DG : Merci d’avoir pris le temps de nous répondre.

PF : Merci à vous de m’avoir accueilli dans la famille Dolce 🙂

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