Dolce Group : Bonjour Pierre, pouvez-vous vous présenter pour tous ceux qui vous découvriraient à travers cette interview ? Comment avez-vous découvert notre maison d’édition ? Pourquoi avez-vous choisi Dolce Éditions pour publier ce témoignage familial fort sortira au printemps ?
Pierre Jalin : Je suis un citoyen français, issu d’une famille auvergnate par mon père et bressanne par ma mère. J’ai parcouru de nombreuses régions de France, d’Europe et du monde, car mes parents qui avaient la bougeotte m’ont communiqué cette chance de s’ouvrir aux autres et à des cultures différentes.
J’ai donc séjourné pour des raisons professionnelles, dans différentes régions françaises, à Paris, en Belgique et au Maroc et par goût personnel j’ai visité de nombreux pays.
J’ai mené une carrière professionnelle placée sous de le signe de l’ascension avec la contrepartie indispensable pour évoluer. J’ai appris de nombreux métiers au sein du même groupe mais celui qui me fut le plus gratifiant a été le management de mes collaborateurs.
Retiré à Vichy, je suis actif dans une association culturelle locale et j’écris.
Je suis marié avec Martine depuis 53 ans et je suis père de deux fils qui m’ont donné cinq petits enfants.
J’ai découvert Dolce par l’intermédiaire d’un ami d’enfance très cher qui avait eu recours à cette maison d’édition pour la publication de plusieurs ouvrages qu’il avait commis ces dernières années. Il est malheureusement décédé en 2025 et c’est tout naturellement que j’ai décidé de confier les manuscrits sur lesquels je travaillais depuis plusieurs années à Dolce.
DG : Comment êtes-vous lancé dans cette aventure qu’est publication d’un tel témoignage familial ?
PJ : J’avais récupéré en 2014, au décès de ma mère, les archives de mon père que sa veuve avait elle-même regroupées en 2005 au décès de son mari.
Ces archives étaient constituées de toutes les recherches généalogiques menées par mes parents dans les années 1970 lors du départ en retraite de mon père. Ces recherches concernaient les deux familles paternelle et maternelle.
Je disposais également du récit manuscrit complet de mon père concernant ce qu’il avait vécu entre 1938 et 1947 c’est à dire entre son service militaire, son mariage et sa réinsertion en France après avoir été mobilisé, avoir combattu et avoir été prisonnier en Allemagne pendant 5 ans.
Je disposais donc d’une « matière première » importante dans laquelle il m’a fallu choisir la partie à transmettre à ma descendance. Ma famille paternelle n’existant que depuis 1849, j’ai donc opté pour une séquence couvrant un siècle et demi c’est à dire allant de 1849, naissance du premier Jalin et le décès de mon père en 2005. Cette période m’a semblé suffisamment riche en évènements et en bouleversements de toute nature pour mériter d’être relatée. En effet, elle a connu 3 guerres, des idéologies nouvelles qui ont largement impacté le XXème siècle, des massacres comme il n’en exista jamais de la même ampleur dans l’histoire, l’effondrement de plusieurs empires, des évolutions techniques et technologiques considérables et la fin de la spiritualité avant son renouveau récent.
C’est donc à la fois une histoire familiale mais aussi un témoignage sur une page d’histoire inspirante de 150 ans.
Mon souhait est que cette histoire, au delà de sa transmission à ma famille au sens large, puisse attirer l’attention et inspirer des réflexions utiles.
DG : Quand on regarde vos réseaux sociaux lorsque vous avez annoncé la futur publication de cette ouvrage, nous avons pu constater la surprise de votre entourage. Depuis combien de temps travaillez-vous dessus secrètement ? Quel est l’évènement qui vous a poussé à proposer ce témoignage à une maison d’édition ?
PJ : Effectivement, la surprise a été au rendez vous au moment où l’information de la prochaine publication de mon livre. C’est assez logique dans la mesure où je n’avais jamais annoncé que j’écrivais et que j’envisageais de publier, mis à part mon épouse, mon frère Vianney et ma soeur Marie-France.
La relecture des archives familiales, le tri nécessaire à faire dans plus de 2000 pages manuscrites et la rédaction m’ont occupé deux ans.
Plusieurs évènements m’ont décidé à publier ce témoignage :
* la nécessite de transmettre à ma famille actuelle, l’histoire de ceux qui l’avait précédée pour créer un lien entre les disparus mais qui continuent de vivre au travers des valeurs, des traditions et des péripéties qu’ils ont vécu et qui seront de ce fait connues de leurs descendants qui y trouveront peut être un prolongement.
* le besoin d’honorer le souhait de mon père qui espérait que son aventure hors du commun puisse être connue et se perpétuer
* la nécessité qui m’est apparue de faire connaitre la réalité de ce que les prisonniers de guerre ont vécu pendant les cinq à six années qu’ils ont perdu pour eux et leur famille mais qu’ils ont offert à leur pays au risque de leur vie.
Faire connaître la frustration ressentie lors de leur retour en 1945 en constatant l’accueil déplorable du pays auquel ils avaient tant donné.
Très peu d’anciens prisonniers de guerre ont communiqué sur leur captivité en comparaison du nombre de publications concernant la vie sous l’occupation et l’histoire de la résistance.
Je forme le voeu que ce témoignage, comblera un vide et contribuera à la réhabilitation de ces deux millions d’oubliés.
DG : J’imagine qu’une relation de confiance s’est instaurée entre votre éditrice et vous. Comment la (relation) décririez-vous ? Vous vous êtes vraiment investi dans l’aspect éditorial ; pouvez-vous nous raconter un peu comment ça se passe en « coulisses » pour les auteurs qui seraient tentés de nous soumettre leur manuscrit ou pour des lecteurs curieux ?
PJ : La relation de confiance est indispensable compte tenu du caractère personnel, voire intime de ce type de publication. Le choix de mon ami André, a été déterminant pour prolonger cette relation de confiance avec Dolce, puisque j’avais toute confiance en lui.
L’aspect éditorial est important et s’y impliquer pleinement me semble indispensable pour moi. Les compétences professionnelles de l’éditrice permettent, selon moi, l’amélioration du texte, de sa présentation, de son séquençage sans nuire à son authenticité.
J’ai ainsi pu avoir accès à des techniques permettant de corriger efficacement le texte sans lui faire perdre son originalité et le style de son auteur.
Dans les prochaines semaines, je suis curieux de découvrir tous les aspects touchant à l’impression, la diffusion, l’organisation des ventes et des séances de dédicaces.
On apprend à tout âge et c’est ce qui donne envie de se lever chaque matin.
DG : Que retenez-vous personnellement de cette expérience ? Avez-vous d’autres projets éditoriaux ? Si oui, pouvez-vous nous en dire quelques mots ?
PJ : Très succinctement et avec un recul très réduit de quelques semaines, j’en retiens une expérience de plus dans ma vie et un approfondissement enrichissant entre un homme et sa famille et par extension avec tous ses congénères.
Cette première expérience très appréciée de mon point de vue, m’a donné l’envie de la prolonger. Un autre témoignage sera bientôt prêt. Il sera beaucoup plus personnel et traduira le regard que je porte sur un parcours de 50 ans au cours duquel j’ai pu observer les évènements et les lignes de force qui sont apparues. En constatant d’où nous sommes partis en 1970 et les différents fils conducteurs qui sont apparus en cours de route pour nous conduire où nous en sommes aujourd’hui, peut être cela permettra-t-il d’anticiper où nous en serons demain. Ce sera un témoignage d’un individu ni politicien, ni journaliste, ni historien mais qui par sa capacité d’observation vu de France et aussi de l’étranger pourra peut-être apporter une vue d’ensemble cohérente et utile.

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